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 Club d'écoute musicale

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PCH29



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MessageSujet: Re: Club d'écoute musicale   Sam 10 Juin - 23:55

quel talent de conteur ce Philou cheers

bel hommage au meilleur album de tous les temps santé
qui contient en effet le plus beau slow de tous les temps santé santé
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Phil

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MessageSujet: Re: Club d'écoute musicale   Dim 11 Juin - 14:21

Vous trouverez ci-dessous le verbatim de mon intervention au Club d'écoute musicale / La Puce à l'Oreille du 10 juin 2017, consacré aux vinyles.

Conor Oberst Album « Salutations » Chanson «A Little Uncanny»

Depuis quelques années le renouveau du Vinyl se manifeste par le fait que les grandes sorties d’album, se font à la fois sur support dématérialisé, mais aussi sur support physique généralement en CD mais également en Vinyl.
C’est le cas du disque que j’ai proposé de présenter : le dernier album en date de Conor Oberst « Salutations ». Il y a juste une petite particularité c’est que Conor Oberst est quasiment inconnu de ce coté de l’atlantique c’est donc une édition importée que je vous présente.
Pourtant aux Etats-Unis, il est considéré comme un songwriter majeur. Donc, si mes calculs sont exacts, il sera le second auteur / compositeur / interprète après Bob Dylan à obtenir le prix Nobel de littérature un samedi en 2059 : pensez à libérer vos agendas.
Conor Mullen Oberst est né le 15 Février 1980 à Omaha dans le Nébraska, sa mère étant directrice d’école primaire et son père travaillant dans une mutuelle. Conor Oberst n’est pas né dans une famille de musiciens. Néanmoins, il manifeste un talent précoce d’autodidacte. A l’age de 12 ans, il est invité à monter sur scène par Ted Stevens guitariste du groupe Cursive. Il est répéré par le chanteur Bill Hoover qui lui propose de l’accompagner sur une mini-tournée imminente. Il a donc deux bonnes semaines pour écrire suffisamment de chansons pour une première partie. Peu après en 1993, il s’installe dans le sous-sol de la maison familiale et compose son premier album « Water », financé par son frère ainé, et qui sort sur cassette audio. Les deux frères fondent le label « Saddle Creek Records » qui est encore actif actuellement.
C’est un véritable stakhanoviste. En 24 ans de carrière, il a sorti en groupe ou en solo 24 albums. A titre de comparaison, en 38 ans de carrière, Laurent Voulzy en a sorti 6.
Conor Oberst est au début de sa carrière un artiste de groupe même s’il chante et compose la plupart des titres avec des noms d groupe comme « The Faint », « Commander Venus », « The Magnetas », « Park Avenue ». Mais le groupe auquel son nom est accolé est « Bright Eyes », groupe qui va débuter en 1995 et se séparer en 2010. Ils vont sortir neuf albums et un live. Le premier disque «A Collection of Songs » mélange de guitare folk et de synthétiseur avec un son techno provoque des réactions unanimes et en même temps désastreuses de la critique. Un exemple parmi d’autres: « les chansons se désintègrent alors que les voix sont réduites aux balbutiemments inintelligibles d’un enfant. ». Une remise en cause est nécessaire et intervient dès le deuxième album « Letting Off the Happiness » avec un son folk rock qui commence à les faire remarquer. Petit à petit, ils creusent leur microsillon, et « Fever and Mirror » leur quatrième disque qui sort en 2000 est classé comme l’un des meilleurs albums folk des dix dernières années. En 2004 sort « I’m wide Awake, it’s Morning », et Conor Oberst est alors considéré par les grands artistes, comme l’un des leurs. Il participe avec R.E.M et Springsteen à la tournée réussie à défaut d’être efficace pour empêcher la réelection de George W. Bush.
D’autres disques suivront, mais en 2010, Conor Oberst annonce que l’album suivant sera leur dernier. « The People’s Keys » sort le jour de ses trente ans.
Commence alors une carrière sous sous nom, avec six albums, parfois seul, parfois accompagné par un groupe. Deux disques émergent. « Outer South » qui pendant 70 minutes montre toute la palette de son talent, tout en conservant sa personnalité. Il évoque dans leur plus belles périodes Bob Dylan, Tom Petty, Lloyd Cole mais aussi The Clash.
Puis « Upside Down Mountain » produit par Jonathan Wilson qui est également une référence. Dans « Governal Ball », il réussit enfin l’alliance des synthétiseurs, d’un jeu sur la réverbération dans la voix, de chœurs féminins en surimpression et d’une section cuivre survitaminée.
A nôter également, le supergroupe « Monster of Folk » qu’il monte avec deux autres références du folk moderne Jim Jones de « My Morning Jacket » et Matthew Ward.
Le disque du jour, « Salutations » est le second dyptique d’un album paru l’année dernière « Ruminations ». N’étant pas un spécialiste des bovidés, je ne vais pas mentionner les neufs étapes, qui de la rumination ont entrainé sa digestion, néanmoins les circonstances de son élaboration sont assez uniques. Lors d’une tournée en 2015, il est hospitalisé pour épuisement et anxiété. Des examens complémentaires, lui font craindre une maladie plus grave. Par ailleurs, il est faussement accusé d’abus sexuel. La pseudo victime se rétracte en avouant une tentative d’extorsion de fonds. Mais le mal est fait et sa compagne le quitte. Durant l’hiver 2015, il retourne dans sa maison natale au Nébraska. Cet Etat de 9 habitants au kilomètre carré, en cette période de l’année, n’est pas l’endroit le plus festif. Il y fait entre –11° et 2°, il neige entre 65 cm et 90 cm et quand il ne neige pas, il pleut. Bref un lieu de villégiature idéal. Conor Oberst se retrouve seul dans sa maison, et il ne peut faire qu’une chose: écrire des chansons. En 48 heures, il écrit compose, enregistre 10 titres, s’accompagnant au piano, à la guitare acoustique et à l’harmonica. Si l’on devait définir la tonalité de l’album, en se référant au philosophe flingueur Raoul Volfoni : « C’est du brutal ». Les paroles atteignent directement le cœur. La solitude, la peur de la maladie, les êtres qui nous ont quittés, le temps qui passe, le mal être. « Je ne veux pas être coincé (sous-entendu par la vie), je veux juste être ivre avant la nuit ». Ce sont des petits morceaux de vie à hauteur d’homme, comme des nouvelles de Raymond Carver. Conor Oberst est un baladin qui va chercher son public, dans «At the Bottom of Everything», il commence par raconter une histoire sans chant ni musique. Puis, on l’entend s’éloigner du micro s’approcher d’un bar, se faire reservir de la bière, à ce moment le public est accroché et la chanson peut commencer. C’est une facilité critique de parler de l’album de la maturité, mais pour ceux qui ont connu ses disques de grands adolescents, c’est vraiment comme il le chante la perte de l’innocence. « Next of Kin » est une chanson magnifique, mais dans ce qu’elle raconte l’une des plus tristes qu’il m’ait été donnée d’entendre.
Humainement, cela s’arrange début 2017, et il décide de refaire l’album en ajoutant sept nouvelles chansons. Le second dyptique s’appelle « Salutations ». Quand on regarde la pochette de l’album, c’est évident qu’il va mieux: il apparaît dans une piscine que l’on devine Californienne. Cela évoque le début du film « Sunset Boulevard » de Billy Wilder avec William Holden flottant dans une piscine. Mais si on retourne la pochette de l’album, on le voit sauvé par ses amis. C’est le cas. Il est accompagné des grandes figures du folk rock: Par exemple les sœurs Söderberg du groupe « First Aid Kit », « The Felicie Brothers », Gillian Welsh, Jonathan Wilson, Jim James. « Salutations » est produit par le batteur Jim Keltner, ayant participé entre-autres aux œuvres musicales de Georges Harrisson, John Lennon, Ringo Starr, Crosby Stills, Nash. L’album reste triste sur le fond mais plus entrainant sur la forme, avec en particulier des chansons qui évoquent les Pogues.
Le titre que je vous présente « A little Uncanny » (un peu étrange) va de la grande à la petite histoire. 2 hommes dans un bar racontent ce qui est arrivé à 2 célébrités qui vont avoir une attitude fort éloignée de leur origine sociale. Jane Fonda va être le symbole de la lutte contre la guerre du Vietnam. Ronald Reagan fils d’un marchand de chaussures, va commencer sa carrière politique en faisant une blague de mauvais gout sur les pauvres et menant ses mandatures entouré de milliardaires. Dans le 3ème couplet, Conor Oberst se met en scène, regrettant le décès des personnes qu’il a connues dont « Robin Williams » et trouvant étrange que certains lui conseille d’avouer de faux crimes. Je finis donc de présenter mes « Salutations » distinguées, en disant que l’on est passé d’un premier album très Vinyl-iiste à un deuxième album célébrant l’amitié retrouvée. Après « Ruminations », « Salutations, j’espère donc que vous n’accueillerez pas ce disque avec circonspection mais avec admiration.

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Phil

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MessageSujet: Re: Club d'écoute musicale   Lun 12 Juin - 10:43

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